"Graveurs, Gravures, Estampes"

Graveurs Galerie AMJ

Graveurs

Format 21 x 21cm
20 pages, intérieur 250g


Le mot gravure contient actuellement beaucoup de définitions, anciennes, professionnelles, artistiques, pratiques ou commerciales.....
À l’origine, le mot «gravure» raconte une histoire artistique formidable d’ingéniosité, dont l’une des  conséquences fut de communiquer une image à un plus grand nombre de gens, permettant ainsi l’ irrépressible désir d’un renouveau cognitif et social. 
Les graveurs ont gravé sur des matériaux multiples, mais c’est surtout grâce à l’invention du papier que la gravure commence son chemin de lumière et de communication… Gravure et papier sont intimement liés. Au début donc, graver signifie creuser une surface plane à l’aide de burins, de ciseaux, de gouges, de pointes sèche, puis d’encrer cette surface pour presser dessus une feuille de papier à la fois afin d’ obtenir en nombre des tirages appelés «estampes».
Le matériau des matrices définit la dénomination de l’art de graver. Ainsi graver du bois fait la xylographie, graver du métal à l’aide d’acides explique le terme «d’eau forte», graver la pierre donne la lithographie, jusqu’à l’accomplissement ultime de la «manière noire « qui traite la totalité de la surface de la matrice de manière à obtenir des nuances veloutées de noir».
Il est très amusant de voir le mot «gravure» se gonfler de toutes sortes de sens et participer ainsi à son affaiblissement sémantique, au point d’en signifier le processus, ou seulement le nom de l’image obtenue.
Pour comprendre plus clairement le langage de l’exposition voilà quelques aides:
La gravure est gravée sur une surface plane (bois, métal, pierre, lino) qui devient la matrice.
On encre cette matrice pour  procéder au tirage de l’image par pressage mécanique ou manuel d’un papier sur cette surface.
Le résultat final de ce process est l’estampe que l’on numérote (nº de l’épreuve / nombre total de tirages effectués) pour protéger le travail des artistes.

Le travail de gravure est très ancien. Il est connu en Chine dès le VIIe siècle. En France, ou plutôt en Europe, la plus ancienne technique de gravure fut la xylographie et la plus ancienne matrice de bois en taille d’épargne date des années 1380 et fut retrouvée en Bourgogne. Sur une de ses faces est gravé «le centurion et les deux soldats» et sur l’autre « l’Ange de l’Annonciation».
Si le bois est au début largement utilisé, les graveurs sur cuivre (Durer, Schongauer...), souvent orfèvres de métier, œuvrent à des reproductions plus fines et plus détaillées.
Puis des techniques de plus en plus affirmées voient le jour: hachures croisées, le pointillé, les eaux fortes...
Le monotype s’invente au XVIIe siècle pour l’effet de lumière obtenu sur fond noir (Castiglione).
La gravure en taille d’épargne est la plus ancienne.
Il s’agit d’évider la plaque partout où l’impression ne doit pas avoir d’effet... (comme dans les tampons encreurs). La photo en quatrième de couverture montre aussi un texte « épargné» comme pour le dessin, au niveau de la planche.
La gravure en taille douce (en creux) se fait plus souvent sur du cuivre qui permet une grande finesse de traits, plus fins que ceux de la gravure sur bois. Le procédé en est l’inverse puisque l’encre se dépose dans les creux gravés par l’artiste. L’impression de la plaque se fait avec une presse à taille douce. 
Bienvenue dans le monde de:        Claude Tournon          : les eaux fortes
                                                 Judith Rothchild         : la manière noire
                                                 Jean-Christophe Alix. : linographies et xylographies 
                                                 León Díaz-Ronda.      : monotypes et techniques mixtes