EXPOSITION
Jo Winter
Michel Danton


10 novembre 2017 - 7 janvier 2018
Jo Winter et Miche Danton à la galerie AMJ



En cette fin d’année 2017, la Galerie AMJ accueille les très bons et les très personnels travaux de Michel Danton et de Jo Winter, tous deux des artistes virtuoses et graves, dont la force et le talent ramènent au fondamental des mémoires humaines et des savoirs en chacun de nous. 
Leur oeuvre généreuse confère à chacun de nous la possibilité d’en aborder l’intégrité par une appréciation globale, ou au contraire, d’accepter de se perdre aux croisements de tous les chemins et lectures possibles qui s’ouvrent ou se découvrent, avec la gourmandise et l’improvisation attentive en compagnes.


Michel Danton butine les papiers, les ramasse, les recueille, les préserve, les achète, les ensile, et les lit, les apprend, les organise et chacun d’eux devient le matériau même de sa création…  en grand, voire en très grand, construite d’infiniment petit et appuyée par un fusain libéré qui coupe ou relie et instruit toutes les explorations studieuses d’un « regardeur » conquis.


Jo Winter, lui, sculpte et adjure, à la seule tronçonneuse, son épouvante des exactions des hommes contre les hommes, afin de concevoir un espéranto très personnel où bourgeonnent et éclosent des maisons graines en d’étranges végétaux aux mémoires antiques, et où s’ouvrent les noyaux crèches à des germes de vie que je crois chargés d’espoirs.
                                                                                          AMJ    


Hymne à Nikkal interprété par Jacques et Alexandra Ibanès à la galerie AMJ,
en guise de voeux pour 2018...


Lors du récital « pour saluer l’hiver » qu’il a donné à la Galerie AMJ le 17 décembre, Jacques Ibanès, accompagné à la flute par Alexandra, nous a fait le cadeau de sa première interprétation en public de cet hymne à Nikkal, vieux de plus de 3400 ans.
Nous partageons ce cadeau grace à la magie d’internet et la complicité de Youtube...


Cette partition gravée sur une tablette d'argile et découverte sur le site d'Ougarit en Syrie, a 3400 ans.  Elle prouve l'existence d'une théorie musicale poussée et d'une échelle à sept tons antérieure aux Grecs. 
Tout commence dans les années 50 lorsque des archéologues français découvrent une série de tablettes en argile sur le site d’Ougarit, en Syrie actuelle. Ces artéfacts datent du XIVe siècle avant Jésus Christ et étaient rédigés en hourrite, une langue morte qui n’est ni sémitique ni indo-européenne. Parmi ces tablettes, les chercheurs ont retrouvé la partition d’un hymne cultuel vieux de 3400 ans. Un record. Une échelle à sept tons La professeure d’assyriologie de l’université de Californie Anne Draffkorn Kilmer a longuement travaillé sur cette musique d’un autre âge, ainsi que la musicologue belge Marcelle Duchesne-Guillemin. Alors que l’on pensait qu’il n’y avait pas de théorie et d’échelle musicale avant les Grecs, une publication de 1963 a montré les peuples de l’Orient Ancien en possédaient déjà avant eux. Il s’agit d’une échelle diatonique, à sept tons comme l’échelle à la base de la musique occidentale. Si les notes sont bien inscrites ce n’est pas le cas du tempo et du rythme, ce qui laisse une grande marge d’interprétation à ceux qui veulent jouer cette mélodie.
 Un hymne à la femme d'un dieu 
Cette chanson est un hymne à Nikkal, la femme du dieu de la lune Yarikh, et est accompagnée d’un texte. Il s’agit de la complainte d’une femme qui n’arrive pas à avoir d’enfants. "La déesse laisse les couples mariés avoir des enfants, peut-on y lire. Elle les laisse naitre des pères. Mais le fils unique va crier "elle n’a pas porté le moindre enfant". Pourquoi n’ai-je pas, en vraie épouse, porté d’enfants pour toi ?"