RECOUVRANCE


15 septembre - 29 octobre 2017

Odile de Frayssinet
Anne-Marie Jaumaud
André Aragon


Exposition ouverte du jeudi au dimanche de 11h à 19h
Recouvrance a la galerie AMJ de Narbonne


Quelle résonance étrange et lointaine possède ce mot magnifique de « recouvrance »… qui disparaît des écrits dès la Renaissance et ne perdure que dans le nom d’une église de Brest: « Notre Dame de la Recouvrance », où l’on priait  « Notre Dame » pour demander « secours », ou pour effectuer «un bon retour à sa terre de départ» et où l’on promettait des dons, ex-voto ou remerciements, surtout quand retour il y avait. Surprenante spiritualité (très matérialiste) de ces hommes du Moyen Âge nés de Dieu et de la Nature, divine elle aussi…

La « recouvrance » évoque toujours le retour à un état initial, individuel et juste.
C’est aussi la conscience de ce que l’on a perdu mais que l’on pourrait recouvrer, comme sa santé, ou sa terre natale, sa raison, ou sa liberté… c’est l’évocation de l’ordre normal et fondamental des choses, (matérielles et divines): « Manquer et recouvrer, manquer et recouvrer encore, et ainsi, tant que nous vivons... » Toute une philosophie ! 
C’est le retour à ses sources: « Chypre, douce terre et douce isle, ou tuit avoient recouvrance » (RUTEB.102.XVe siècle)
La juste recouvrance est celle à l’état initial et social du groupe ou de la société : « Ils appellent le peuple au recouvrement de la liberté. » ( D’Ablanc), ou à « recouvrer ce qu’il a perdu », ou bien à être «rétabli en son premier état» de par la justice séculaire ou divine.
C’est la morale d’un bon sens commun :« Tu recouvres deux fils pour mourir après toi », ainsi le cycle peut s’accomplir et recommencer, reprendre, et se répéter. 
C’est « l’action qui rétablit en la possession d’une chose perdue »...
Mais c’est aussi la conscience de ce qui est confisqué, volé ou caché qui rend impossible la recouvrance au cycle vertueux et le pervertit en enfermement et en doutes.

C’est ce mot sublime de Recouvrance qui lie par l’esprit ces trois artistes, tous les trois engagés à aussi utiliser le temps de leur art pour libérer leur pensée, et en matérialiser et en incarner la résonance sensible, couche après couche, fil après fil, transparence après légèreté, puis impact après glissement et impact après silence, mais aussi prison après cri et cri devenant atone, pour le maintien d’exégèses primaires et parfois brutales: violences faites à la terre, aux hommes, aux femmes asservies, niées, violence des humains qui hiérarchisent et hégémonisent leurs droits, leurs fortunes et même la Vie pour leurs seuls nantissements.
Et puis la Violence aliénante d’une forme d’Art actuel qui a abandonné et nié sa fonction essentielle d’ouvrir à toutes et tous l’invitation à se chercher, dans l’oeuvre artistique, chacun dans le champ de son intime libéré à l’empathie, et à « recouvrer » sa propre virginité à une appréciation non formatée.
Et ceci pour des temps infiniment longs, infiniment recommencés, et infiniment chéris, à espérer et œuvrer à espérer encore toute Recouvrance, fut-elle timide, inéluctable ou glorieuse...
                                                                                                                                           AMJ

Video "teaser" de l'exposition Recouvrance


André Aragon

Présentation des oeuvres d'André Aragon exposées à la galerie AMJ de Narbonne
 dans le cadre de l'exposition "Recouvrance "du 15 septembre au 29 octobre 2017.

L'Indépendant du 12 septembre rend compte de l'exposition de manière élogieuse...

Exposition recouvrance à la galerie AMJ de Narbonne